"Come home I'm so cold", "Bad dreams in the night, they told me that I was going to loose the fight"
(Wuthering Heights, Kate Bush)
SEYTON
The queen, my lord, is dead.
MACBETH
She should have died hereafter;
There would have been a time for such a word.
Tomorrow, and tomorrow, and tomorrow,
Creeps in this petty pace from day to day
To the last syllable of recorded time,
And all our yesterdays have lighted fools
The way to dusty death. Out, out, brief candle!
Life's but a walking shadow, a poor player
That struts and frets his hour upon the stage
And then is heard no more: it is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing.
Lire McBeth à deux. Se déguiser en trashounette pour se venger de la vie. Sauver la mise de mon frère. Retourner au laboratoire. Demander encore à aller boire au Student. Viser des chaussures qui ne doivent plus exister. Faire la queue 1/2 heure à la fnac pour avoir une place pour Epica. Se tordre tout l'intérieur de l'être à la lecture de Voyage au bout de la nuit. Bosser un peu, pas trop, pas assez. Jouer les 4 morceaux que je connais, mal et en boucle, à la guitare. Chanter. Ranger. Se faire sacrer "maîtresse de maison" et rêver à demi mot d'avoir justement une maison, ou autre lieu de vie (ponts et tentes sur le périph' exceptés). Contempler les piles de bouquins qui recouvrent mon bureau, et les herbiers qui débordent de sous mes classeurs. Ne pas fumer. Perdre mes cheveux. Me demander ce que je fais sur les champs Elysées. Sentir mon c½ur s'affoler parfois pour des bêtises, mais ne se serrer que pour de très rares et très chères personnes. Se serrer dans les impasses surtout. Se serrer devant l'impuissance, devant le définitif, l'inéchangeable, le haïssable. Dire "j'ai envie de mourir" et puis me reprendre aussitôt, effrayée par la portée de ces mots pourtant tellement entendus, et rectifier "enfin non, quand même, je veux vivre, la vie est belle". Faire rire. Pleurer. Me coucher tard. Me lever tôt. M'endormir à la BNF. Renverser mon café brûlant sur ma jambe en collants. Oublier des repas. Bâfrer aux autres. Être franche. Détester tout le monde certains jours, déborder d'amour beaucoup d'autres. Devenir folle à force de croiser la précarité, la mendicité, la désolation. Se dire que le temps file, mais qu'il n'oublie jamais de nous facturer chaque seconde. Que tout ce qui passe est perdu si on ne l'écrit pas, si on ne se bat pas pour en capturer quelques réminiscences. Proust. Platon. Se laisser bercer par des relents de littératures qui hantent mon esprit comme des chansons. "O fons Bandusiae". "It is a tale told by a idiot, full of sound and fury, signifying nothing". "Longtemps je me suis couché de bonne heure". Vouloir partager. Jouer au jungle Speed. Discuter avec des mecs, avec des mecs formidables. Se préparer au démantèlement de la taroteam, mais se battre encore un peu contre. Se dire : plus que 6 jours de "vacances". Recevoir un message de facebook, sans doute au sujet de nos prochaines heures de boulot à la BNF. Finir enfin ce paragraphe plus dense que jamais. Espérer presque que cette fois, enfin, plus personne ne viendra trainer par ici. Décider même de mettre des couleurs. Et puis se dépêcher d'aller bosser (dormir ?) avant le déjeuner, car l'après-midi sera chargé. Dire au revoir. Pas adieu. Aimer le mélodrame. Réfléchir trop. Au revoir.




